Cap au ch’Nord !

À l’occasion du 6ème salon des blogueurs de voyage, je suis parti à la découverte des symboles et des traditions du ch’Nord, les Hauts-de-France comme il faut les appeler maintenant. Déjà Lille c’est bien haut, mais on va également aller au-dessus, près de la frontière belge, du côté d’Armentières, Comines et Wattrelos.

Hello Lille WAT19

Débutons tout de suite les hostilités avec la gastronomie locale plutôt … généreuse. Pour cela, il faut entrer dans un estaminet, un bar typique que l’on trouvait à chaque coin de rue avant que la télévision n’existe. Il en demeure encore un certain nombre, car finalement tous les cht’is ne sont pas fans de téléréalité. Par contre, la frite fait l’unanimité. Elle accompagne dignement des plats bien légers, comme le welsh, une tranche de pain recouverte de cheddar fondu avec de la bière et de la moutarde, ou la carbonate flamande, un plat de viande mijoté avec de la bière et du pain d’épice. Autre grande spécialité, les gaufres. Elles sont ici fourrées et de forme ovale. Bien qu’elles soient plus fines, elles sont tout aussi bourratives que les gaufres classiques. Nous avons aussi goûté les nouvelles pâtisseries trompe l’œil du Petit Frenchie, qui s’amuse à déguiser ses gâteaux en fromage, maroilles en tête. Pour faire passer tout cela, les bières artisanales ne manquent pas dans le coin. Je pense que vous êtes à présent suffisamment rassasiés pour affronter le froid.


Prenons de la hauteur !

Pourquoi ne pas gravir un beffroi, histoire de prendre un peu l’air ? Ces tours typiques de la région symbolisaient autrefois les privilèges accordés à une ville. Dès le Moyen-Âge, elles servaient surtout à prévenir des invasions et grands évènements en faisant sonner leurs cloches. Pourtant ce ne sont ni des clochers, ni des monuments religieux. On y ajouta par la suite des horloges pour rythmer la vie quotidienne. Les beffrois sont souvent édifiés contre ou à proximité de l’hôtel de ville et de la grande place. Dans cette région frontalière, ils furent presque tous détruits avant d’être reconstruits à plus grande échelle après la guerre. Voici ceux d’Armentières, Bruges, Comines et Lille.


De l’art dans les briques

Comme on peut le voir, ici la brique est omniprésente. Tous les bâtiments en sont construits, des maisons ouvrières en enfilade appelées coron, jusqu’aux bâtiments municipaux et religieux. Cela nous rappelle l’histoire industrielle et populaire de cette région. C’est vraiment l’élément central de l’architecture et c’est quand même plus joli que du béton. Il vaut mieux vivre dans un coron que dans un HLM, vous ne trouvez pas ? Ces quartiers ne sont pas dénués de charme et les quelques ornementations sur les façades donnent un coté tantôt british, tantôt flamant, mais résolument identitaire de l’Europe du nord.

Les anciennes usines sont également devenues des espaces propices à l’expression de l’art contemporain et du street art, comme c’est le cas à la Condition Publique de Roubaix où s’est déroulé la soirée blogueur, ou dans cette même ville le Piscine qui s’est transformée en l’un des plus célèbres musées d’Europe. Au sud de Lille,  le Louvre a ouvert sa succursale dans une ancienne fosse minière à Lens. 

L’industrie textile fit la richesse de quelques hommes. La bourgeoisie lilloise érigea ainsi de luxueuses habitations dans sa couronne. Le quartier Beaumont dans la ville de Croix fait partie de ceux-là, avec une part exceptionnellement élevée de contribuables payant l’ISF. Parmi les maisons à pignons, encorbellement et lambrequins, émergent également des bâtisses très modernes. On y trouve d’ailleurs l’un des chefs d’œuvre du 20ème siècle, la Villa Cavrois. C’est l’architecte Robert Mallet-Stevens qui imagina cette étonnante demeure, qui tire tout son charme de ses volumes, ses matières et son épurement. Il faut aller au delà de la façade austère pour découvrir les prodigieux détails et l’atmosphère unique de cette réalisation, entreprise à l’apogée de sa carrière en 1932. Les monuments nationaux ont réalisé un véritable exploit en achetant et en réhabilitant à l’identique cette maison singulière.

Tandis que les riches font bâtir leurs incroyables demeures, les pauvres ont parfois recourt à la contrebande pour s’en sortir. La frontière belge était le terrain d’un trafic intense. C’est ce que nous propose de découvrir, entre autres, le Musée des Arts et des Traditions Populaires de Wattrelos. On y découvre les combines des fraudeurs : gourdes aplaties, doublure de manteau, chiens porteurs et aussi la vie quotidienne du douanier, qui doit dormir dans le froid près de la frontière pour monter la garde.

Dans la peau d’un contrebandier

Un autre lieu propose de découvrir en famille cette page de l’histoire : les Près de Hem. À vous de jouer le rôle d’un douanier ou d’un contrebandier, pour résoudre des énigmes dans un marais frontalier. Sur place, on peut aussi observer les oiseaux avec un guide naturaliste, se baigner en été et arpenter le sentier Vanupieds,  sur lequel on marche pieds nus donc, sur plus de 63 matières plus ou moins emblématiques de la région : brique, lin, capsule de bière, boulon, verre pilé, argile, … Une expérience très amusante pour petits et grands.

On reste dans le jeu puisqu’on va s’essayer aux bourles. Non, je ne me suis pas trompé dans l’orthographe. Ce divertissement se situe à mi-chemin entre la pétanque et le bowling. Il s’agit de lancer des bourles, équivalente à des meules de fromage (j’aime cette comparaison) sur un terrain incurvé de part et d’autre. Au bout il y a l’étaque, qui sert de cible, et par derrière une fausse dans laquelle il faut éviter de tomber. Une équipe joue la défense, positionne une bourle près de la cible puis des obstacles sur le terrain. L’autre équipe joue l’attaque et doit atteindre la cible en zigzaguant à travers les bourles obstacles ou décanillant celles qui gênent. La bourle à un coté fort et un côté faible pour renforcer l’ondulation. L’avantage de ce jeu, c’est que l’on s’amuse dès la première session. À moins que ce ne soit parce que j’ai gagné ?

Voilà pour ces quelques découvertes au confins des territoires nordiques de la France. C’est bien sûr non exhaustif mais j’espère un peu original. Ce salon des blogueurs fut une nouvelle fois une formidable expérience pour moi. J’y suis allé pour découvrir Lille et revoir des copains blogueurs. C’est la grande messe annuelle du blogging voyage. Je reviens avec quelques propositions de collaborations, surtout dans le Sud-Ouest ; quelques articles régionaux devraient voit le jour. Enfin, je termine en vous présentant le superbe hôtel où j’ai été logé.

Hôtel Clarance Relais & Châteaux

En plein cœur de Lille, à quelques minutes à pied de la Grand Place et de l’Opéra se dresse l’ancienne demeure historique du Comte et de la Comtesse d’Hespel. C’est un véritable hôtel particulier auquel on accède par une porte cochère et une belle cour intérieure pavée. L’établissement est tout de blanc revêtu, sur son 31 pour accueillir ses hôtes, bien que nous soyons au 32 de la rue Barre. L’escalier monument du hall d’entrée fait tout de suite son effet, mis en valeur par un lustre majestueux accroché à plus de 10 mètres de hauteur. C’est pout moi la pièce maitresse de l’hôtel. L’établissement fut transformé en hôtel 5 étoiles Relais et Châteaux en 2015. Il dispose de 19 chambres baptisées selon un poème de Baudelaire. Elles ont conservé leurs hauts plafonds, menuiseries, moulures, parquets et cheminées, mais sont désormais toutes de blancs revêtues elles-aussi. Les luminaires « aériens » renforcent l’illusion de se trouver dans un nuage, un cocon où il y aurait beaucoup d’espace. Elles ont vue sur cour ou sur jardin et sont donc très calmes. Mention spéciale à la suite mansardée Clarance qui se trouve au troisième étage et bénéficie d’une vue exceptionnelle sur les toits du vieux Lille. Au petit matin on profite d’un petit déjeuner servi sur table face au jardin et à l’Eglise Sainte Catherine. Enfin, il me reste à vous informer d’une pièce secrète. Il existe en effet une petite bibliothèque entièrement réalisée en bois avec escalier en colimaçon. On peut gentiment demander à y déjeuner ou dîner quand on va au restaurant gastronomique mais sa disponibilité n’est pas toujours garantie. Mais vous pouvez certainement jeter un œil à ce magnifique travail d’ébénisterie, durant votre séjour à l’Hôtel Clarance.

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Vincent

Travel Blogger

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