En route pour la Toscane

L’Italie, ses façades colorées, ses succulents plats de pâtes fraîches. Tout cela ne tient pas du mythe. Lorsqu’on évoque la Toscane, on peut y ajouter des champs de fleurs, des palais Renaissance et de délicates allées de cyprès.

Bon pour les fleurs, il faudra revenir au printemps, mais n’ayez crainte, c’est prévu. Mon vol est déjà confirmé pour le mois de mai. L’avantage de découvrir la Toscane en hiver, c’est tout de même d’être quasiment seul dans une région hautement touristique. La plupart des hôteliers prennent leurs congés annuels en janvier, mais à partir de mi-février ceux-là commencent à ouvrir. Je parle des petits villages, car cela va s’en dire que Sienne et Florence ne connaissent pas de torpeur hivernale.

J’ai donc pris le chemin de la Toscane au mois de février, après une belle semaine dans les Alpes du Sud à skier sur les pistes de Serre Chevalier. Je démarre la voiture à 7h pétante. Le GPS annonce un peu plus de cinq heures de route, mais la neige tombe drue depuis la veille. Entre l’Italie et moi, se dresse le col de Montgenèvre. Je descends doucement dans la vallée jusqu’à Briançon. La chaussée est entièrement recouverte de neige et les ronds-points se transforment vite en manège. On ne rigole plus, il faut chaîner les pneus avant d’entamer l’ascension. Pour la première fois, je suis heureux d’avoir trimbalé les chaînes depuis Bordeaux. J’ai bien fait de m’entraîner, il y a deux ans de cela, dans mon garage, car aujourd’hui dans le noir, le froid et la neige, c’est une autre paire de manches. Enfin équipé pour la poudreuse, je récupère deux covoitureurs et m’engage sous le panneau direction Turin.

Ça doit être joli quand la vue est dégagée, enfin ça reste quand même joli de voir tomber la neige. Mais quand même, depuis deux ans que je souhaite prendre cette route, je ressens comme une légère frustration.

Les virages en tête d’épingle s’enchaînent et l’arrière de la voiture chasse de temps en temps. Pas question de dépasser les 30 km/h. Quelques locaux bien mieux équipés qu’un petit bordelais n’ont pas la patience d’attendre derrière moi. Qu’importe, je reste prudent, j’ai la vie de deux inconnus entre les mains. Je dois montrer un visage plus zen que je ne le suis en réalité car ils ont l’air plutôt rassurés.

Ca y est, nous venons de passer la station de Montgenèvre. À partir de là, ça devrait descendre, l’Italie n’est plus très loin. Mon stress descend d’un cran.

Voilà la frontière ! Mon compagnon de route suggère immédiatement un arrêt dans le troquet du coin pour déguster un vrai café italien. Je ne dis pas non, vu l’heure matinale à laquelle nous nous sommes levés, cela me semble une bonne idée. Nous rentrons dans un bar rempli de locaux. La barista fait honneur à la réputation du pays. Ma dose de caféine avalée, il faut vite reprendre la route, déjà 1h30 de plus que prévu.

Ma nouvelle angoisse est de déterminer à quel moment enlever les chaînes. Il neige encore mais je commence à apercevoir le bitume suite au passage des poids lourds. Néanmoins ça glisse toujours et nous roulons de plus en plus vite maintenant que nous avons atteint l’autostrada. J’aperçois un péage alors j’en profite pour les enlever avant d’esquinter mes pneus. On va pouvoir rouler plus vite. On passe Turin puis on arrive à Gênes.

Je remarque que les italiens, comme les espagnols d’ailleurs, n’y vont pas par quatre chemins pour construire leurs autoroutes. Viaducs et tunnels se succèdent comme jamais en France. Mais soudain, la neige laisse place à une pluie démentielle. La côte ligure nous apporte son lot de rafales. On roule à 110km/h dans les tunnels mais l’eau nous freine à 50km/h dès que l’on en sort. Les jointures de la route nous font faire des écarts alors qu’il n’y a aucune bande d’arrêt d’urgence. Je suis effaré devant cette météo apocalyptique et je regarde la route avec acharnement. J’attendrais le prochain tunnel pour cligner des yeux, et la prochaine station essence pour faire une pause. La musique est allumée mais il est presque impossible de l’entendre avec le brouhaha de l’eau sur la carrosserie.

Viareggio, Lucques, Pise, ça y est j’ai atteint la Toscane. Je ne suis pas peu fier d’avoir traversé la tempête sain et sauf. C’est après sept heures de cauchemar routier que j’arrive enfin à Pistoia. Ce sera mon camp de base pour la semaine, mon ami Clément et ses deux colocataires en Erasmus me font le plaisir de m’accueillir. Bien que fatigué, ils réussiront à m’entraîner pour une nuit endiablée dont je mettrai deux jours à me remettre. Le temps gris me conforte à rester au chaud le début de la semaine. Je termine alors mon article sur Fès, perché dans une chambre au dessus des toits, où les cloches rythmes mes journées bien plus que nécessaire.

Pistoia

Ce n’est qu’en fin de semaine que je reprends le train direction Florence. C’est bien plus pratique car il est difficile de s’y garer. De plus, je pense que la Volvo a bien méritée quelques jours de repos. Je m’aperçois alors que les cyprès et les oliviers ne perdent pas leurs feuilles en hiver, la campagne n’est finalement pas trop dégarnie, les paysages en seront que plus beaux.

4 réflexions sur “En route pour la Toscane

    1. Je n’ai pas eu la chance de voir le Duomo de Florence depuis un avion mais j’imagine ce spectacle grandiose. J’y retourne dans 10 jours mais je me poserai à aéroport international de Pise, celui de Florence est minuscule et n’accueille pas beaucoup de vols. Par contre, je vois sur ton blog que nous avons eu le même coup de coeur pour le panorama de la Torre d’Arnolfo du Palazzo Vecchio.

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